Les réseaux d'AMP dans le monde

Des réseaux régionaux, nationaux ou internationaux d'Aires Marines Protégées (AMP) sont actuellement présents ou en développement dans un grand nombre de pays autour du monde.

Ces réseaux humains « humains » contribuent au développement des réseaux écologiques des AMP, qui répondent à l'objectif concernant la protection de 10% des mers régionales d'ici à 2020. L'aide qu'apportent ces réseaux prend différentes formes.

  • Ils agissent en tant que porte-parole au niveau régional et international et mettent en relation les différents acteurs chargés de créer de nouvelles AMP et d'étendre les AMP existantes. Ils permettent aussi d'améliorer la compréhension et les connaissances scientifiques au niveau régional grâce au partage et à la collaboration.
  • Ils développer les bases de données régionales et les analyses des AMP pour donner une vue d'ensemble des AMP existantes, de leur cohérence écologique ou du manque de celui-ci, afin de formuler des recommandations pour une meilleure intégration du réseau écologique des AMP dans le cadre de la Planification de l'Espace Maritime et la Gestion Intégrée de la Zone Côtière.  
  • Ils améliorent également la gestion des AMP, la rendant plus efficace grâce à un renforcement des capacités et aux échanges entre gestionnaires d'AMP, contribuant à de meilleures pratiques, promouvant la gouvernance participative et développant des directives de gestion etc.
  • Ils jouent un rôle clé dans l'intégration de l'environnement existant dans les activités de développement et dans la promotion des mécanismes de gouvernance à plusieurs échelles dans divers secteurs et cultures.

Durant le Congrès Mondial de la Nature 2016 de l'UICN, MedPAN et d'autres réseaux ont initié une mobilisation conjointe afin de renforcer leur action. Voir la plaquette publiée à cette occasion

Voici une présentation non exhaustive des différents réseaux d'AMP :

Europe - Trans-Atlantique - Amérique du Nord / Caraïbes - Afrique / Orient - Asie - Océanie - Monde

Europe

En Europe, les directives « Oiseaux » et « Habitats » ont engendré la création d'un réseau appelé Natura 2000. Ce réseau est constitué d'aires terrestres et marines à forte biodiversité. Lorsque ces sites sont liés aux oiseaux, ils sont des Zone de Protection Spéciale (ZPS) et lorsqu'ils sont liés à la conservation d'animaux et d'habitats, des Zones Spéciales de Conservation (ZSC). Les sites marins Natura 2000 sont considérés comme des AMP et il y en a actuellement 507 en méditerranée pour une surface marine de 25 243 km2.

Bien qu'ils représentent la plus grande surface totale protégée en Europe, leurs périmètres recouvrent parfois celui d'autres AMP si bien que la surface additionnelle que couvre les sites marins Natura 2000 est de 8101 km2*

* source: Statut des Aires Marines Protégées en mer Méditerranée, 2012. MedPAN, CAR/ASP.

L'initiative ESI (European Straits Initative) lancée en 2009 par le Pas-de-Calais et le Kent (Angleterre) concerne plus particulièrement les détroits. L'organisation compte quinze pays partenaires et huit détroits en projet. Elle veut faire reconnaître l'importance des détroits sur le plan politique et créer un réseau de coopération pour la mise en œuvre de projets à l'échelle européenne.

 

Dans des mers ou des pays spécifiques :

  • HELCOM est la commission de protection de l'environnement de la mer Baltique créée par la convention d'Helsinki. Elle a vu le jour il y a plus de quarante ans afin de protéger la mer Baltique de la pollution grâce à un effort collaboratif entre L'Union Européenne, la Suède, le Danemark, la Finlande, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie, l'Allemagne, la Pologne et la Russie.
  • Le projet PISCES (Partnership Involving Stakeholders in the Celtic Sea Ecosystem) est un partenariat entre les acteurs de l'écosystème de la mer Celtique et de l'ouest de la Manche, supporté par WWF.  Ces acteurs venus d'Angleterre, du Pays-de-Galles, d'Irlande, de France et d'Espagne et de secteurs variés tels que les énergies renouvelables, le tourisme, les transports maritimes, la pêche… Ils se sont longuement concertés et ont produit des lignes directrices pour l'application d'une approche écosystémique dans la gestion de la mer Celtique.
  • En Italie, deux AMP, Miramare et Torre del Cerrano, ont impulsé la création d'un réseau d'échange et de solidarité entre les AMP de la mer Adriatique : AdriaPAN. C'est un réseau en croissance, avec maintenant près de 40 AMP membres et une trentaine d'organisations partenaires. AdriaPAN a de nombreux projets en développement pour l'Adriatique.
  • Le forum des aires marines protégées en France métropolitaine et d'Outre-mer est un réseau d'échange pour gestionnaires d'AMP ayant pour but la capitalisation d'un maximum d'information techniques possibles de manière à ce que toutes les AMP en bénéficient. Il marche en collaboration avec TeMeUM (Terres et Mers UltraMarines) qui est un programme consacré aux besoins des gestionnaires d'AMP situées en Outre-mer.

 

Dans la zone Atlantique Nord-est:

  • OSPAR, dont l'origine vient d'une convention homonyme, est une commission qui comprend 15 pays, et qui travaille avec l'Union Européenne pour la protection de l'environnement marin de cette région. OSPAR est en faveur de la gestion intégrée des activités humaines dans l'environnement marin.
  • Le projet MAIA, lancé en 2010, qui vise à la mise en place d'un réseau d'AMP fonctionnelles, valorisées et pérennes au travers d'actions de terrain, de rencontres, d'états des lieux et des besoins de gestion, de la création d'une base de données partagée sur et par les AMP etc. Le réseau MAIA a pour but de profiter des expériences des gestionnaires d'AMP pour mieux connaître et lancer de nouveaux projets.
  • PANACHE quant à lui est un projet concernant les AMP situées dans la Manche. Son but est d'instaurer un réseau entre ces zones protégées tout en aidant à la gestion, à la diffusion des données et des bonnes pratiques ainsi qu'à la sensibilisation du public. PANACHE est financé par INTERREG France-Angleterre et réunit 12 partenaires et acteurs de ce milieu.

Trans-Atlantique

  • Towards a Transatlantic MPA partnership. La Communauté Européenne a lancé un nouveau projet visant à promouvoir la coopération entre les gestionnaires d'AMP dans les pays et territoires autour de l'océan atlantique. Il est conçu pour stimuler les échanges et le partage des bonnes pratiques pour améliorer l'efficacité de la gestion des AMP dans les zones côtières de l'atlanqtique et au large.  Téléchargez la plaquette.

Amérique du Nord / Caraïbes

En Amérique du Nord, sous l'égide de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), plusieurs réseaux d'AMP se sont crées. Le plus grand est celui qui relie le Canada, les Etats-Unis et le Mexique : le NAMPAN ou North American Protected Areas Network.

La façade Ouest du Pacifique Nord fait aussi l'objet d'une attention particulière avec le projet international B2B (Baja To Behring), rattaché à l'Institut américain de Conservation de la Mer.

La NOAA a aussi mis en place de nombreux projets régionaux comme:

  • Le  Northeast Regional Ocean Council (NROC)
  • West Coast Governor's Agreement on Ocean Health (WCGA)
  • South Atlantic Alliance (SAA)
  • Gulf of Mexico Alliance (GOMA)

Ces projets partagent les mêmes objectifs, l'instauration d'aires marines protégées,  la protection de la biodiversité, la mise en place d'activités de développement durable pour les populations riveraines, l'efficacité de la gestion des sites existants etc.

 

  • Les Caraïbes ont aussi fait un énorme travail dans ce domaine là. Le plus grand réseau et forum est sûrement le CaMPAM, ou Caribbean Marine Protected Areas Management network, crée en 1997 dans le cadre du Programme pour l'Environnement des Caraïbes de l'UNEP. Le CaMPAM et le CAR-SPAW sont deux organisations travaillant à la mise en œuvre du protocole SPAW (Specially Protected Area and Wildlife), ratifié en 2000 par 16 pays de la région des Caraïbes.  
  • Le CAR-SPAW est le Centre d'Activités Régionales qui veille à la mise en œuvre de ce protocole. C'est un outil de coopération dynamique entre les différentes AMP et les différents réseaux et projets.
  • En Amérique centrale, le  projet de la barrière de corail mésoaméricaine (MBRS) regroupe le Mexique, Belize, Le Guatemala et le Honduras et aide ces nations à améliorer la protection de cet environnement unique et écologiquement vulnérable en développant un système de gestion de données et en promouvant une exploitation économique durable de la barrière de corail, notamment en se concentrant sur la pêche et le tourisme. Le projet a aussi pour objectif d'augmenter les capacités de gestion des acteurs au niveau local et national à travers la formation et le partage d'information.
  • Du côté du Pacifique Est tropical, une initiative de coopération régionale s'est créée pour la conservation et l'usage durable des ressources marines avec le projet CMAR (pour Corridor Marino). Ce projet regroupe les gouvernements du Costa Rica, de l'Equateur, de la Colombie et du Panama et comprend 5 parcs et sanctuaires nationaux, dont 3 sont inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

Afrique / Orient

En Afrique de l'Ouest:

  • Le Réseau d'Aires Marines Protégés en Afrique de l'Ouest (RAMPAO) créé en 2007, travaille à la coordination de 27 AMP réparties en Mauritanie, au Sénégal, en Guinée et Guinée-Bissau ainsi qu'en Gambie. Elle a pour but de maintenir les habitats et sites de biodiversité de cette écorégion en bon état, du fait de leur importance critique dans les processus écologiques. Pour se faire, elle promouvoit les échanges d'information, crée des synergies entre les AMP et améliore leur efficacité opérationnelle ainsi que leur représentation au niveau politique.
  • La Convention d'Abidjan, mise en œuvre à partir de 1984, a été ratifiée par 22 pays d'Afrique qui bordent la façade Ouest de l'Atlantique Sud. Cette convention est un accord pour la protection et la gestion de zones marines et côtières. Ses principales préoccupations sont le contrôle et la réduction de la pollution, ainsi que la gestion des phénomènes naturels tels que l'érosion.
  • Certains des pays appartenant à ces réseaux ressentent de fortes pressions, et pour y pallier ont mis en place un Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine d'Afrique de l'Ouest (PRCM). C'est un réseau de soutien très élaboré avec des objectifs semblables à ceux de RAMPAO.

En l'Afrique de l'est: 

  • WWF mène un projet en collaboration avec des états côtiers comme le Kenya, la Tanzanie et le Mozambique pour la protection de l'environnement marin mais la pauvreté de ces pays est un véritable frein au développement d'AMP.
  • Néanmoins, il existe tout de même un réseau entre les pays bordant l'ouest de l'Océan Indien sous la forme de l'association WIOMSA (Western Indian Ocean Marine Science Association). Cette association œuvre pour le développement technique, scientifique et pédagogique des sciences marines pour une meilleure conservation des ressources. Elle propose un forum pour échanger, des subventions pour la recherche scientifique, des formations pour les gestionnaires côtiers et des groupes de travail sur la science, la gestion et la législation.
  • La Commission de l'Océan Indien a également créé un réseau entre gestionnaires d'AMP. Ce réseau en compte 26, disséminées entre les Comores, Madagascar, l'île Maurice, les Seychelles et la Réunion. Il a mis en place un forum permettant le partage d'expérience et les rencontres successives des gestionnaires ont permis de mettre au point une feuille de route pour le projet.

 

Du côté du Moyen-Orient:.

  • PERSGA est l'organisation régionale pour la conservation de l'environnement de la mer Rouge et du Golfe d'Aqaba, du Golfe de Suez, du canal de Suez et du Golfe d'Aden. Elle a été crée pour que les directives de la convention régionale Jeddah de 1982 sur la protection de la mer Rouge et du Golfe d'Aden soient mises en œuvre. Djibouti, le Yémen, le Soudan, la Jordanie, la Somalie, l'Egypte et l'Arabie Saoudite en sont membres. L'objectif de PERSGA est d'améliorer la gestion et l'utilisation durable des ressources marines afin d'améliorer la qualité de vie des populations riveraines.
  • L'action de ROPME est limitée au Golfe Persique et à sa mer. Il est composé de Bahreïn, de l'Iran, de l'Irak, du Koweït, du sultanat d'Oman, du Qatar, de l'Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis. ROPME coordonne l'action de ses membres en vue de la protection de la qualité de l'eau, de la biodiversité afin de réduire la pollution due à la croissance économique des pays du Golfe. Il fait aussi un grand travail de surveillance maritime et de sensibilisation auprès du public.

 

Asie

NEASPEC est le programme sous-régional pour la coopération environnementale au Nord-est de l'Asie. La Chine, La Corée du Sud et du Nord ainsi que le Japon et la Russie en font partie, représentant près de 1000 sites protégés. Le but de ce programme est de faciliter la coopération entre les AMP et d'aider les pays membres à établir une gouvernance commune en renforçant l'efficacité des AMP et le rôle qu'elles jouent dans la conservation de la biodiversité. Pour réaliser ses objectifs, le programme a lancé son projet phare, le NEAMPAN en 2012. Le NEAMPAN est un réseau entre les AMP, axé sur la protection de la faune et flore marine, la recherche scientifique, le développement durable et l'amélioration du management par la formation.

 

Océanie

Le programme régional pour l'environnement dans le Pacifique (SPREP) coordonne les différentes initiatives nationales. C'est une organisation qui œuvre pour la protection de l'environnement et la bonne gestion de ses ressources. Le SPREP a 26 membres dont les îles Samoa, l'Australie, les îles Cook et Fiji, la Micronésie, la France et la Polynésie française, Guam, les îles Marshall, Tonga et Salomon,  La Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les Etats-Unis etc.  Ses principaux axes d'action sont la surveillance et la gouvernance environnementale, le contrôle de la pollution, la gestion des écosystèmes ainsi que le changement climatique.

 

Monde

Le programme  marin mondial de l'UNESCO a constitué un réseau de 46 sites marins sur 35 pays, qui sont maintenant inscrits au patrimoine mondial. Le programme marin apporte un appui stratégique à ces sites et essaie de les aider à devenir des exemples de bonne gestion et de bonnes pratiques.

Le réseau mondial des océans est une association créée par la Commission Océanographique Intergouvernementale de l'UNESCO qui vise à sensibiliser le public, à lui faire comprendre l'importance de l'océan et à l'impliquer dans sa sauvegarde. Ce réseau met en lien plus de 600 organisations comme des musées, des aquariums, des centres scientifiques, organisations caritatives, ONG… C'est l'association qui est à l'origine et qui s'occupe de la journée mondiale de l'océan, qui a lieu le 8 juin.