Le financement des Aires Marines Protégées

Les besoins de financement pour la gestion des Aires Marines Protégées (AMP) dépendent des sites. On estime à plus de 1000€ par hectare et par an les moyens nécessaires pour gérer efficacement les parcs nationaux.

En Méditerranée, le budget opérationnel annuel des AMP est seulement couvert à hauteur de 30% contre 48% à l'échelle mondiale, laissant un grand besoin de financement.

Pour un site de moins de 2000 ha, on considère généralement qu'un budget opérationnel annuel de 250 000€ est convenable.

Les disparités entre Etats membres et non membres de l'Union Européenne bordant la Méditerranée sont très marquées. En effet, les non-membres auraient besoin de 20 à 42 millions d'euros en plus chaque année pour mieux gérer leurs AMP.

En 2006, les budgets réalisés des aires protégées  représentaient moins de  12 millions d'euros, financés à 50% par des fonds internationaux et  à 20% par des fonds nationaux.

Dans ce contexte, la levée de fonds publics nationaux ne devrait pas seulement reposer sur les budgets dédiés à la conservation mais être étendue à des secteurs connexes.

Le secteur de l'aide internationale par exemple, pourrait être intéressant du moment où l'on met l'accent sur les objectifs de développement tels que le rôle des AMP dans la lutte contre la pauvreté et le développement d'une « économie bleue ».

Sachant que l'allocation de fonds publics conventionnels  restera toujours insuffisante, il faut chercher de nouvelles sources complémentaires de financement dans le privé.

Les gestionnaires d'AMP gagneraient à se former aux mécanismes de financement qui pourraient être mis en place à l'échelle locale pour réunir des fonds.

Par exemple :

  • Taxes sur les activités de plongée, sur l'hôtellerie, la construction immobilière…
  • Vente de licences de pêche
  • Concession de services

Ils doivent  aussi à réduire le coût de gestion de leur AMP en exploitant le potentiel d'une gestion collaborative impliquant les pêcheurs et les garde-côtes, avec un soutien accru de la société civile. 

Il est nécessaire que les AMP :

  • se dotent de plans d'affaires solides (seulement 30% en ont un actuellement)
  • forment leur personnel à la collecte de fonds
  • lancent des fondations ou concluent des accords avec les municipalités côtières.

Sur le long-terme et au niveau national, des financements non conventionnels pourraient provenir de partenariats avec des acteurs privés souhaitant contribuer à la conservation  et venant du secteur du tourisme, de l'aquaculture, des transports maritimes, du pétrole et du gaz ou encore de l'énergie éolienne.

Enfin le financement via les budgets publics pourrait s'appuyer sur des taxes aéroportuaires et environnementales, et dans certains pays, sur la conversion des dettes en investissements écologiques.  Des exemples de tous ces mécanismes ont été cités pour la région méditerranéenne.