Actualités

« Retour

Les Aires Marines Protégées progressent en Méditerranée mais de nombreux efforts doivent encore être faits.

10/02/17

Aujourd’hui, 7,14% (179 798 km2) de la Méditerranée est placé sous statut de protection; c’est ce qui ressort des premières analyses pour rendre compte sur le statut des Aires Marines Protégées de Méditerranée 2016  - afin de contribuer à un rapport publié tous les 4 ans par MedPAN et le CAR/ASP en collaboration avec de nombreux partenaires. Ce rapport s’appuie sur la mise à jour 2016 de MAPAMED, la base de données des sites d’intérêt pour la conservation de l’environnement marin en mer Méditerranée[1].

Ces premières analyses font état de 1 231 Aires Marines Protégées (AMP) et Autres Mesures Spatiales de Conservation[2] (AMSC) en Méditerranée, dont 186 AMP de désignations nationales (1,6%) et 898 sites Natura 2000 en mer (2,37%). La surface des AMP de statut national et des sites Natura 2000 a augmenté de 1,8% par rapport au dernier Statut des AMP de Méditerranée publié en 2012 avec la désignation de 6 nouvelles AMP de statut national (21 827 km2 rajoutés) et de 391 sites Natura 2000 (34 458 km2 rajoutés). Pour la première fois en Méditerranée, le statut dévoilera également une surface cumulative des zones où la réglementation est la plus stricte (par rapport à l’accès, le prélèvement ou la pêche qui y sont légalement interdits). Elle est de 0,04%, ce qui est extrêmement faible dans la mesure où la science a prouvé le caractère clé de ces zones dans l’efficacité des AMP. (voir « The science of Marine Reserves » édition Méditerranée publiée par PISCO fin 2016 – la version française sera bientôt disponible)

Les progrès sont donc notables en faveur de la protection du milieu marin en Méditerranée, mais il reste de nombreux défis à relever.

La quasi-totalité de la surface sous protection (90%) est située dans les eaux européennes et la surface sous protection est encore essentiellement côtière avec 4,51% de la zone au-delà de 12 milles sous statut de protection. D’un point de vue qualitatif, de nombreux sites ne sont pas effectivement mis en œuvre et n’ont pas de réglementation permettant de freiner les pressions existantes ni de moyens suffisants pour les faire respecter. On sait peu de choses également sur l’efficacité des mesures de gestion mises en place pour maintenir ou restaurer la biodiversité qu’elles visent à protéger. Les moyens humains et financiers alloués à la gestion s’avèrent beaucoup trop faibles, compromettant ainsi une bonne conservation.

Pour atteindre l’objectif de protéger 10% de la Méditerranée d’ici 2020 (objectif 11 d’Aichi de la Convention sur la Diversité Biologique qui engage tous les pays méditerranéens), outre la nécessité de renforcer la gestion des sites existants, au moins 71 900 km2 supplémentaires (2,86% de la Méditerranée) devront être placés sous des désignations de protection forte qui ciblent également des caractéristiques actuellement sous-représentées.

Compte tenu des fortes pressions exercées sur le milieu marin méditerranéen et de leur intensification, il est donc essentiel que la volonté d’investir dans la conservation marine soit renforcée dans tous les pays méditerranéens et à tous les niveaux.

2% de zones d’accès interdit, de non-prélèvement et de non-pêche d’ici 2020 !

Les participants au Forum des AMP de Méditerranée, qui s’est tenu fin 2016 à Tanger au Maroc, ont d’ailleurs mis en exergue ces défis et proposé des solutions pour les relever. Ils ont notamment souligné dans la déclaration de Tanger la nécessité de renforcer les efforts visant à conserver de façon effective au moins 10% de la mer Méditerranée d'ici à 2020 pour les zones côtières puis pour la mer ouverte ainsi que la nécessité d’élargir la couverture et la mise en œuvre de zones d’accès interdit, de non-prélèvement et de non-pêche, au sein d’AMP actuelles ou futures, à 2% de la surface de la Méditerranée, en particulier dans les zones fonctionnelles clé.

Le rapport complet « Statut de Aires Marines Protégées en Méditerranée 2016 » sera disponible dans le courant du 1er trimestre 2017 mais les résultats principaux sont d'ores et déjà disponibles. Une brochure et un poster les présentent.


[1] La base de données MAPAMED recense en 2016 une plus grande variété de sites qu’en 2012 y compris des sites désignés avant 2012. La version 2016 de MAPAMED recense notamment en plus des Aires Marines Protégées (voir définition ci-dessous) : les sites Ramsar en lien avec la mer, la Zone Maritime Particulièrement Vulnérable de Bonifacio,  les réserves de Biosphères et les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, les zones de pêche réglementée de la CGPM

[2] En Méditerranée, le terme générique « Aire Marine Protégée » (AMP) englobe toute zone marine et / ou côtière (y compris les lagunes liées de façon permanente à la mer) qui a été mise sous protection généralement par des moyens juridiques avec pour principal objectif la conservation des habitats naturels, des espèces ou des caractéristiques naturelles spécifiques. En ce qui concerne le terme Autres Mesures Spatiales de conservation (AMSC), il découle de la CDB pour indiquer également des désignations de protection, bien qu’il n’existe pas de directives internationales claires quant à la façon dont il s’applique. En attendant que les critères soient définis, l'analyse en fait une utilisation indicative pour se référer à des désignations régionales et internationales qui semblent offrir un degré de protection moindre.

 

ATTENTION : il semble y avoir un problème temporaire à l'ouverture de certains fichiers référencés en lien dans le contenu de ces pages avec le NAVIGATEUR CHROME. Utlisez un autre navigateur si possible ou faites un click droit avec votre souris et choisissez l'option " Enregister le lien sous ".