Les écosystèmes marins en Méditerranée sont soumis à d'importantes pressions.

Les risques portent sur la valeur intrinsèque des écosystèmes mais également sur la perte de biodiversité et des habitats naturels qui jouent un rôle majeur pour la santé humaine, le cadre de vie, la production de nourriture et la disponibilité de ressources naturelles pour le développement économique et le bien être des populations riveraines.

La mer Méditerranée est soumise à des perturbations anthropogéniques en particulier sur la bande côtière et de nouvelles pressions potentielles ou réelles émergent en mer ouverte, ainsi qu'à des changements dans les caractéristiques environnementales résultant des changements globaux. 

Le développement côtier

Le développement côtier (agricole, industriel,…) et l'urbanisation avec leurs sources d'impacts associés sont parmi les principales menaces et se sont intensifiés ces dernières années. 450 millions de personnes vivent dans le bassin méditerranéen, 40% d'entre elles vivent sur la bande côtière. Cette croissance démographique importante sur la bande côtière contribue à la dégradation des paysages, l'érosion du sol, l'augmentation des déchets en mer, la destruction et la fragmentation des habitats naturels, ainsi qu'à aggraver le statut des espèces vulnérables en danger.

Les développements dans les zones côtières (industrie de pêche, aquaculture, tourisme, urbanisation…) ont crée des opportunités économiques dans certains cas mais dans la plupart des cas ils ont affecté les conditions de vie des populations locales.

Le tourisme

La région méditerranéenne est l'une des régions touristiques les plus importantes du monde ; elle attire environ 30% du tourisme international. Cette situation permet de générer des bénéfices pour les économies des pays concernés mais entraîne également des impacts négatifs significatifs sur l'environnement marin, du fait du développement incontrôlé sur la zone côtière, de son impact sur la dégradation des herbiers, d'une utilisation croissante des ressources hydriques et de la production de déchets solides et d'eaux usées.

Le transport maritime

Le transport maritime est une activité économique importante impactant l'environnement marin méditerranéen : il représente environ 30% de l'activité commerciale maritime internationale et 25% du transport pétrolier maritime. Les risques en matière de pollution accidentelles ou volontaires, de transports d'espèces exotiques sont encore mal maitrisés.

La pêche professionnelle

La pêche professionnelle représente une autre activité vitale en Méditerranée en termes d'emploi, de revenus et de sécurité alimentaire. La pêche récréative représente un secteur important pour certains territoires, en développement et peu contrôlé. Cependant, l'augmentation incontrôlée de l'effort de pêche enregistrée depuis des années dans de nombreux pays méditerranéens a mené au déclin de nombreux stocks de poissons. Selon les dernières évaluations réalisées par la Commission Générale des Pêches en Méditerranée (CGPM) et le, près de 90% des stocks de poissons évalués sont surexploités.

Le changement climatique

La mer Méditerranée est également considérée comme l'une des mers où les conséquences du changement climatique seront les plus visibles dans les années à venir. De nombreux territoires sont déjà touchés par ces impacts en matière d'érosion côtière notamment. De nombreux scientifiques et usagers constatent l'évolution spatio-temporelle de l'apparition de nouvelles espèces dont certaines sont invasives. 

L'aquaculture présente des pressions locales plus ou moins fortes en fonction des sites, et son développement soutenu par de nombreuses politiques publiques pose des questions en matière d'impacts notamment sur les pêcheries et les stocks associés à la matière première nécessaire à l'alimentation. 

Les changements en cours en matière de ressources disponibles et du coût de l'énergie conduisent à l'accentuation de pressions diverses pour l'acquisition, la planification spatiale au profit de différents acteurs intéressés par l'espace (dessalement, éoliennes/hydroliennes,…) ou par les ressources des fonds marins (granulats, pétrole, gaz, minéraux rares, biotechnologies) qui peuvent soit impacter fortement les milieux, soit réduire l'espace disponible pour des AMP ou des acteurs traditionnels (pêche artisanale) voir affecter la nécessaire connectivité ou représentativité du réseau des AMP. 

Mieux considérer la vulnérabilité des écosystèmes marins et côtiers et les équilibres socio-économiques et culturels associés aux acteurs traditionnels dans un tel contexte de pressions est essentiel pour garantir la résilience de ces écosystèmes et la valorisation de pratiques durables d'exploitation des ressources renouvelables.